Le Mont Châtel : des mérovingiens à la croisée des mondes

Le Mont Châtel en images

Le Mont Châtel se situe au centre des "trois collines", sur la commune de Val Revermont
Des fouilles y ont menées depuis la découverte, il y a sept ans, d'indices indiquant une présence mérovingienne
Mais les résultats ont révélé un site unique en France
Entre le 6ème et le 7ème siècle de notre ère s'élevait ici un lieu de culte, de pouvoir et de prestige Michael Sévère
Destiné à être vu de tous, le site abritait différents bâtiments Michael Sévère
Une église liturgique, au Nord, accompagnée d'un bâtiment mémoriel...
et une église située au sud de l'éperon qui était dédiée aux sépultures
On estime à entre 200 et 300 le nombre de personnes enterrées sur le site
des restes de tissus, d'objets en fer ont également été retrouvés auprès de certains restes humains
Utilisation des tuiles romaines, maîtrise de murs d'enceinte maçonnés... les mérovingiens savaient construire de superbes bâtiments situés en hauteur dans des sites difficiles d'accès
Bourg , Eglises privées d'un riche aristocrate ? Communauté monastique ? Les fouilles n'ont pas répondu à toutes les questions... Michael Sévère

Mont Châtel : à la croisée des mondes

Le site archéologique du Mont Châtel n'en finit pas de surprendre et a pris, depuis sa découverte, une importance majeure pour la compréhension de l'époque mérovingienne. Les journées du patrimoine des 19 et 20 septembre sont l'occasion d'en savoir plus.
 
Les trois silhouettes sont bien visibles et connues par tous : le mont Myon au nord, où décollent les parapentes, le Montfort le plus au sud et, au milieu, le mont Châtel. C'est ici, il y a sept ans, qu'est découvert, par des randonneurs, un site d'occupation datant de l'époque mérovingienne (Vème au début du VIIIème siècle).
Les archéologues décident rapidement que l'endroit est digne d'intérêt. les premiers sondages sont encourageants, les fouilles commencent.
On peut dire aujourd'hui que les différentes campagnes menées sont un succès : les fouilles ont révélées deux églises, des ossements humains et animaux, des remparts, des murs maçonnés, des restes de vitraux, de textiles... le tout à plus de 600m d'altitude.
"C'est un site exceptionnel" résume David Billoin, archéologue en charge de la fouille du site et spécialiste des habitats perchés de cette époque. "sur un espace assez restreint de 1,2 ha nous avons mis à jour une église funéraire au sud qui contient entre 200 et 300 sépultures et, au nord, une église liturgique ce qui est très rare". Mais ces lieux de culte ne sont pas les seuls centres d'intérêt du site qui contient également des bâtiments d'habitation, des bâtiments mémoriels ou encore "un rempart maçonné de 2,5m d'épaisseur en pleine campagne !" s'enthousiaste le spécialiste.
Pour résumer, les fouilles du Mont Châtel vont permettre de mettre à jour les connaissance de cette époque mérovingienne très spéciale qui se situe entre la chute de l'empire romain et le début du moyen-âge.
"En ce qui concerne l'origine de ce site, nous en sommes au stade des hypothèses : un riche aristocrate a pu y faire construire des églises privées, une communauté monastique a pu s'y installer ou encore il pourrait s'agir des prémices d'églises paroissiales voire même d'un petit bourg." Ce qui est certain, par contre, c'est les mérovingiens maîtrisaient l'art de la fortification et utilisaient des tuiles romaines. Les manuels d'histoire ne mentionnent pas ces technologies et résument encore trop souvent cette dynastie à un complexe morcellement du territoire avec des arbres généalogiques sans fin de souverains (mythe des rois fainéants comme le roi Dagobert) assurant une transition entre l'empire romain et les futurs grands pôles de pouvoir (France , Bourgogne, Savoie...) qui vont rythmer la vie de la région.
Le site mérovingien de Mont Châtel met en avant une Histoire "à gratter" qui reste encore à découvrir et à interpréter.
Les fouilles sont menées en collaboration avec la DRAC Auvergne Rhône-Alpes, le Conseil départemental de l'Ain et, bien sûr, la Communauté d'Agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse (CA3B)